Dans quelques semaines, avec mon acolyte, nous partons en Amérique du sud comme je te l’ai dit dans mon précédent article… Etant donné que nous n’avons réservé que nos vols A/R et le premier hôtel, j’établis un itinéraire approximatif afin de ne pas louper les « essentiels ». Pour cela, je lis des guides touristiques, je regarde des émissions à la télé, je surfe sur le web… Une fois notre « circuit » fixé, je rentre un peu plus dans le détail et c’est à ce moment que ça se corse, comme dirait Joséphine…(oui je sais cette blague est nulle mais je ne peux pas m’en empêcher). Je fouine alors sur des blogs de touristes qui sont souvent bien remplis de conseils pour les déplacements, les logements, le budget moyen, bref toutes les astuces qui te font gagner du temps une fois sur place !

Tu vas peut-être te dire que je suis naïve mais c’est là que j’ai pris conscience que ce continent n’est vraiment pas comme les autres. Voilà quelques récits et conseils que j’ai glané dans ces blogs :

1. D’abord, les distances sont immenses, moi qui pensait qu’on pouvait tout faire en bus et bien ce n’est pas si évident, le moindre trajet te prend au moins 10 heures s’il n’y a pas de problème… Et si tu mets bout à bout toutes les recommandations, il faut que tu portes un coussin gonflable, une couverture, un bandeau pour les yeux, des boules quiès, après il faut que tu colles tes papiers et ton argent contre toi, que tu attaches 15 cadenas à ton sac à dos parce-que tu vas l’abandonner sur le toit, sans oublier un tendeur pour ne pas qu’il tombe au moindre virage ! Bon pour les 15 cadenas, j’exagère un peu j’avoue… mais pour le reste c’est à peu près ça !

2. Ensuite, il y a l’altitude, même si je vis toute l’année à plus de 1000 mètres, l’altiplano, c’est quand même une autre affaire. Et là, je peux te dire que les conseils ne manquent pas. D’abord, tu as le plus simple : prendre de la coca, mais ça ne s’arrête pas là…
-tu as le touriste qui a vécu l’enfer mais qui s’en est sorti tel un héros : « on a manqué d’oxygène, certains ont saigné du nez, d’autres avaient des nausées, des maux de tête, heureusement dans notre hôtel on nous fournissait de l’oxygène, mais ça reste notre plus beau voyage »… et ben dis donc, il me tarde de lire ses autres voyages !!!!
-tu as aussi le touriste prévoyant : « si vous allez sur l’Altiplano, il faut vous préparer, entrainez-vous à marcher en montagne avec un sac à dos au moins 6 mois avant le départ. Pour le voyage, partez avec une bonne trousse de secours… » et là tu as toute la liste des médicaments « indispensables » à ton périple. Le problème c’est qu’avec toute cette pharmacie, tu risques de te faire arrêter à la douane pour trafic de drogue mais si tu pars sans ça,  TU PEUX MOURIR !!!!! Et attends, je t’épargne le laïus sur la tourista que tu auras quoiqu’il arrive !

3. Après, tu as une autre problématique que je n’ai jamais vu aussi présente ailleurs : LA SECURITE… tout un programme ! Bien sûr, que quand tu pars, que ce soit à côté de chez toi ou à l’autre bout du monde, il faut être vigilant et faire attention à ses affaires mais alors là, je n’ai lu que des témoignages quelque peu alarmistes.
-tu as le touriste qui reste optimiste dans toutes les situations : « 2 jours après mon arrivée, on m’a volé toutes mes affaires, y compris mon passeport, mon argent, mon appareil photo, bref je n’avais plus rien…du coup, j’ai dû courir au consulat pour refaire mes papiers, faire opposition à ma carte bancaire, me faire envoyer de l’argent mais ça ne m’a pris qu’une semaine !!! de toute façon l’essentiel, c’est toutes les rencontres que j’ai faites et toutes les belles choses que j’ai vues ! » Heu…ouais…
-tu as le touriste qui a fait le tour de tout ce qui pourrait arriver et qui te prodigue tout ce qu’il ne faut pas faire : « ne jamais sortir son reflex dans une ville, ne jamais sortir d’argent dans la rue, ne pas sortir avec son sac à dos en ville, évitez telle et telle lignes de bus à cause des attaques, ne pas sortir le soir,… » et j’en passe… puis tu as droit à tout ce qu’il faut faire : « rentrer à son hébergement avant la nuit, attacher son sac à dos à soi, ne parler à personne, ne pas prendre de taxi, éviter les villes, ne jamais avoir d’argent sur soi… » et bla bla bla et bla bla bla et bla bla bla…

4. Pour finir, tu as le pompon sur la cerise : la météo. Et alors là, c’est la porte ouverte à toutes les fenêtres ! Pour tout te dire, nous partons carrément hors saison… en soi ce n’est pas dramatique et pourtant…
-tu as le touriste qui pense que si tu pars en avant mai et après octobre, tu prends des risques énormes, « il y a des éboulements au quotidien, des routes coupées, des lignes de train annulées, les pluies sont diluviennes… » c’est à se demander si le pays n’est pas fermé aux tourisme à cette période-là…
-tu as aussi le touriste bipolaire qui te fait la liste de tous ses vêtements « techniques » évidemment, sinon c’est pas drôle : « dans le Salar d’Uyuni, il peut faire très chaud, mais à cause du froid, il faut penser à bien se couvrir…alors pour une excursion de 4 jours, pensez à prendre le duvet -20°C, 3 paires de chaussures différentes pour être parer aux changements de températures, 6 tee-shirts, 3 pulls, 8 paires de chaussettes, 2 crèmes solaires, une avec un indice 50 et une avec un indice 60, 20 litres d’eau, une casquette, un bonnet, un chapeau……….  » Bref, il te faut la valise de 40 kilos minimum !

Alors, quand je fais le bilan de tout ça, voilà ce que j’ai décidé de faire :
– Etant donné que je vais tomber malade, je vais prendre une trousse de médicaments minimaliste et surtout je prends une assurance soins et rapatriement, soyons prudents !
– Coudre une pochette dans ma culotte pour y mettre des sous et le passeport… ça risque de coller !!!! Ah toi aussi, tu as l’image !
– Vu que je vais me faire voler toutes mes affaires parce-que je ne suis pas une personne très vigilante, je ne prendrais que mon appareil photo compact puisque mon reflex est pour moi un bien précieux et que je n’ai pas envie de me prendre la tête avec ça. En plus de n’être pas très prudente, je ne supporte pas de porter un gros sac sur le dos, ça m’épuise, et quand je suis fatiguée c’est comme quand j’ai faim, je suis insupportable, alors je prendrai mon sac à dos 35 litres.
-En parlant du sac, je n’aurais pas besoin de plus puisque niveau météo, je n’ai pas encore compris comment il faudra s’habiller alors je prends quelques essentiels et pour le reste je verrais sur place. Du coup, il n’y a pas que dans la culotte que ça va coller, je crois !!!! oui tu l’auras compris, Mimi Cracra, c’est moi !
-Allumer un cierge avant de partir ! La base !

Mais il ne faut pas croire que tout ça me décourage à partir, PAS DU TOUT, sinon je ne partirais pas, que ce soit clair entre toi et moi !
Ah oui et j’oubliais le dernier point, le plus important, une fois arrivée là-bas : PROFITEZ, PROFITEZ, PROFITEZ mais ça, c’est une autre histoire…