Aujourd’hui, je te fais part de mon avis personnel sur l’Iran. Si tu veux connaître notre parcours, je t’invite à cliquer .

Après avoir réservé ce voyage avec Monsieur Analysator, nous en avons parlé à nos proches.
Nous avons du faire face à plusieurs types de réactions…

Première réaction : celui qui y est allé ou qui aimerait y aller : « ah ouais, c’est génial, vous allez en prendre plein les yeux, waouhhh ! »

Deuxième réaction : celui qui est étonné mais qui reste sur la réserve : « ah, l’Iran, oui, d’accord, ça doit être intéressant de visiter une République Islamique… et sinon vous voulez encore des chips… »

Troisième réaction : celui qui s’en prend à moi directement : « non mais toi, de toute façon, entre la Jordanie, Israël et bientôt l’Iran…à quand la Syrie ???? N’importe quoi  »

Quatrième réaction : celui qui pense que l’Iran = Etat Islamique : « quoi ??????? non mais vous allez mourir, mais on veut pas vous perdre (les larmes plein les yeux), mais qu’est ce que vous allez faire là-bas ?

Voilà dans quelle ambiance nous sommes partis ! Alors bien évidemment, nous avions également quelques préjugés sur ce pays, nous pensions arriver dans un pays assez hermétique aux touristes. C’est quand même une nation qui ne se dévoile pas beaucoup sur le plan international même si ça a beaucoup changé ces deux dernières années. C’est pour cela d’ailleurs que nous avions choisi la formule « voyage organisé ».

A peine, l’avion posé, il est temps pour nous les femmes de se couvrir les cheveux, il y a un code vestimentaire très précis : voile sur les cheveux, la totalité du corps couvert avec des vêtements amples, pas de taille, de hanches ou de poitrines marquées. Pour ma part, j’avais choisi la mode pantalon large et tuniques jusqu’au genoux. Les hommes c’est un peu la même chose sans le voile et avec la possibilité de porter des tee-shirts. Ça, c’est la règle, dans les faits, le port du voile est assez décontracté, les cheveux peuvent largement dépasser…MAIS il doit être porté tout le temps, tu peux le retirer dans ta chambre d’hôtel mais si un room service vient, il faut le remettre !

Une fois sortis de l’aéroport de Téhéran flambant neuf et très moderne, d’ailleurs, nous avons pris un vol intérieur avec une compagnie locale qui n’a rien à envier à nos compagnies européennes ! donc sortis de l’aéroport, on se rend vite compte que les infrastructures routières sont très modernes, bref, première réaction : « ah mais les gars, ils nous montrent rien mais ils sont mieux équipés que nous en fait !!!!

En sortant le soir à Téhéran, nous constatons que les Iraniens sortent pas mal et qu’il y a beaucoup de femmes et alors oh stupeur ! elles fument comme les gars alors que la loi l’interdit !  un premier mythe qui tombe !
Il faut dire que pour les nanas, c’est quand même pas simple ! Outre le fait qu’elles ont un code vestimentaire à respecter, elles n’ont pas le droit de chanter, sont reléguées à l’arrière des bus mais j’y reviendrais plus tard, ne peuvent pas faire du vélo… des trucs hyper anodins pour nous mais que les iraniennes ne pourront peut-être jamais faire ! Et pour les hommes, c’est pas toujours facile non plus, l’alcool est interdit même s’il existe un marché noir… les rassemblements sont interdits, nous avons d’ailleurs assisté à une arrestation. Nous étions sous un des ponts historiques d’Ispahan où de nombreux iraniens et iraniennes se retrouvent pour pic-niquer, chanter (pour les hommes), discuter… et nous écoutions des gars qui chantaient entraînant un rassemblement de « spectateurs » dont nous. Tout d’un coup, 2 policiers sont venus embarqués un des chanteurs dans un silence de mort et la foule s’est dispersée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire… J’en ai eu des frissons, l’ambiance est devenue glaciale, la liberté est encore loin !

A Kashan, nous les femmes avons pu participer à une fête de mariage, donc une fête privée, quelle stupéfaction de voir le contraste entre les femmes en public et les femmes dans ce type de fêtes. Rien à voir, tant au niveau vêtements qu’au niveau comportement. Elles ont quand même bien pris soin de nous demander de ne prendre ni photos ni vidéos…

Un autre détail qui m’a frappé, les mosquées sont « vides », pour une République Islamique, je pensais que les gens seraient plus « religieux ». D’ailleurs, beaucoup de jeunes se disent athées. Nous avons pu visiter les mosquées à tout moment avec un accueil toujours très chaleureux.

Nous avons croisé beaucoup de femmes en tchador, enfin, cela dépendait des régions. M. Analysator s’est fait beaucoup de réflexions personnelles sur ces femmes. Je te livre son raisonnement : sous ces longues robes noires et ces foulards, il y a des êtres, des femmes qui pensent, ressentent des émotions. En France, nous ne voyons que le carcan de ces tenues et il ne nous viendrait pas à l’idée de les aborder, d’ailleurs, elles-mêmes semblent se réfugier sous leurs voiles. En Iran, c’est tout le contraire, elles sont abordables, souriantes et dialoguent facilement même avec des hommes et on en oublierait presque le poids de ces habits. Ces « fantômes noirs » sont finalement des femmes comme les autres…
Je partage entièrement son point de vue !

Un jour à Ispahan, nous avons pris un bus qui m’a permis de constater que les femmes n’avaient pas d’autres choix que d’aller au fond. Je le relate ici. Le lendemain, j’ai discuté de ce fait avec notre guide qui m’a dit la chose suivante : « mais nous les femmes on préfère car il y a des hommes « malades » (sous-entendu frotteurs ou tripoteurs), entre femmes, on est plus tranquilles. » J’ai pour ma part un avis partagé sur la question. D’abord, je comprends que d’un point de vue sécurité c’est mieux, d’ailleurs, c’était une proposition qui avait été évoquée pour le métro parisien. Mais ce qui me perturbe dans tout ça ou dans les tenues vestimentaires d’ailleurs, c’est le fait de ne pas avoir le choix.

Mais le point le plus important que je retiens de ce voyage c’est l’accueil et la gentillesse de ce peuple perse, la facilité de discussion, leurs sourires. Le souci qu’ils ont à nous faire comprendre que le peuple iranien n’a rien à voir avec le gouvernement iranien et de l’image que ce dernier nous renvoie.
Enfin, le dernier mythe qui est tombé, c’est le fait d’être sorti tous les soirs avec M. Analysator sans jamais avoir eu la moindre crainte et tu le sais que je ne suis pas une aventurière, alors que dans d’autres pays du monde, j’étais beaucoup moins à l’aise.

En résumé, il règne en Iran une douceur de vivre très agréable mais n’oublions pas que la liberté est encore loin pour ce peuple et que c’est à eux de faire bouger les choses comme ils le souhaitent et surtout à leur rythme. Pour une fois, je ne terminerais pas de la même façon mon récit car je préfère te dire les 3 mots que j’ai le plus entendu en Perse : Welcome in Iran !