Si tu es né dans les Alpes, tu es, soit :

  • à 48%, un descendant de l’immigration étrangère ou d’une autre région.
  • à 48% un descendant d’émigrants vers d’autres contrées parce-qu’entre les champsaurins partis aux Etats-Unis et les barcelonnettes au Mexique…à un moment donné c’est tout à fait probable !
  • Les 4% restants sont « ne se prononcent pas ».

On peut donc conclure qu’on est tous touché de près ou de loin par ce phénomène qui nous pose tant de questionnement et de peur aujourd’hui.

Alors, c’est sur qu’il est facile de dire maintenant : « à l’époque, ILS (les dangereux étrangers qui risqueraient de nous voler nos acquis !) ne posaient pas tant de problèmes !!!!! »

Ce à quoi j’ai toujours envie de répondre : mais CONNAS**, t’étais même pas née, quand, dans les années 60, à Gap, il y avait entre autres, des bars « spécial italien ». Il fallait pas déconner, se mélanger avec des macaronis aux gueules de métèques, c’était pas très recommandé… pire encore les pancartes accrochées aux portes des cafés suisses qui, à la même époque, avait l’inscription « interdit aux chiens et aux italiens »… Bon, je parle des italiens parce-que c’est ce que je connais le mieux…

Il est vrai qu’aujourd’hui, ce ne sont plus des européens ou des nord africains qui débarquent, ils viennent d’un peu plus loin, ils s’habillent un peu différemment, ont d’autres pratiques culturelles et religieuses. En même temps, chaque région du monde a ses coutumes, le monde ne se résume pas à la France…

Attention le retour de La CONNAS** qui te dit à ce moment-là : « qu’à rester chez eux et travailler, est-ce que moi j’y vais chez eux  ? »

Alors, les gars, ils laissent leurs maisons, leurs familles, leurs amis, accessoirement une guerre… je ne suis pas sure que ce soit avec joie et bonheur… Genre, le gars, il se lève un matin « tiens je vais prendre toutes mes économies (ou pire, je vais emprunter à des personnes mal intentionnées desquelles je serais redevable toute ma vie), je vais monter sur une barcasse de 3 mètres de long où je me tiendrais chaud avec 250 potes et je pars vers un nouveau continent….allez hop, comme ça à l’aventure !

En écoutant tous les préjugés faits sur la globalité des réfugiés, migrants, bref les gars qui traversent les frontières, je me dis toujours : j’espère que, si un jour on est amené à fuir notre pays, on sera mieux accueilli que la façon dont on ne les a pas accueillis !

Si tu quittes ton chez-toi, c’est que tu as toujours une voire plusieurs bonnes raisons de le faire… Regarde Depardieu, il payait trop d’impôts, du coup, il s’est barré ! C’était une raison suffisante pour lui de partir ! Lui aussi c’est un migrant ! Mouais, ou pas…

Et nos ancêtres, les champsaurins, les barcelonnettes, tu crois qu’ils sont partis de gaieté de cœur ?Traverser un océan, arriver dans un endroit où tu ne comprends pas la langue, où tu ne connais pas les us, où tu es souvent traité moins bien que du bétail n’est pas vraiment une partie de plaisir ! Enfin, je ne crois pas…

C’est pour cela qu’il est important de s’intéresser à l’Histoire car c’est un éternel recommencement ! Les vagues migratoires ont toujours existé et existeront toujours, et les cons qui  s’en plaignent, hélas eux aussi, ils existeront toujours !

Tu peux me dire : « oui mais toi, avec tes belles paroles, tu en as accueilli des migrants chez toi ? » Non, je n’en ai pas accueilli même si je me suis posée la question ! Pourquoi ? et bien pour 2 raisons : la première, c’est que je ne suis pas chez moi de la journée, ce qui me semble incompatible avec un accueil réussi ! la seconde, c’est la peur de me retrouver face à des personnes ayant vécu des horreurs et n’avoir pas les ressources psychologiques suffisantes pour pouvoir les aider…

Bref, je me cherche des excuses et je pourrais t’en trouver d’autres parce-que OUI je culpabilise de ne pas l’avoir fait ; ne serait-ce que pour racheter le mauvais accueil que mon père a subi quand il est arrivé en France…

Je te disais plus haut, que je connaissais un peu le sujet de l’immigration italienne. En effet, mon papa est arrivé en France, à l’âge de 18 ans, le 15 août 1958. Un jour, je lui ai demandé « pourquoi tu as quitté ta maison ? », ce à quoi, il m’a répondu : « parce-que le meilleur repas que j’ai fait quand j’étais là-bas, c’est le jour béni, où avec 2 copains on a attrapé le chat du « plus riche du village » et qu’on l’a mangé… » Et ça, ce n’est qu’un détail, ce n’est qu’une des nombreuses raisons qui l’ont poussé à partir.

D’ailleurs, quand il voit mon chat de 4,5 kg, il dit toujours, « en Italie, à l’époque, ça nous aurait fait un bon festin ! »

Tout cet article pour te dire qu’il est facile de se faire un avis « rapide » en regardant les infos à la télé, tu sais ces infos qui te montrent des images « sensations voire trash » avec des bagarres, des agressions mais qui au final n’apportent aucun argument réel…

Enfin…, j’ai écrit ce que je voulais dire et j’ai encore pas mal de sujet qui me font rouspéter mais ça, c’est une autre histoire…