Quel est le meilleur appareil photo ? comment faire de belles photos en voyage ? la lumière ? la perspective ? les montrer à ses potes ? et surtout ne pas oublier de faire des selfies…Autant de questions, de sujets traités sur les blogs de voyages ou autres, d’ailleurs !

Quand j’étais jeune, oh p*****, tu le sens le discours de vieille qui arrive… Quand je partais en voyage scolaire, ma mère m’achetait le fameux APPAREIL JETABLE ! et j’étais pas peu fière quand il fallait tourner la mollette avant chaque prise, ça faisait cricricricri, le truc hyper discret… mais ça, c’est la partie fun parce qu’ensuite il fallait essayer de comprendre ce que tu voyais dans le petit trou, prendre la photo, veiller à consommer les 30 clics que cette innovation technologique t’offrait, parce que si tu n’avais pas pris toutes les photos, tu ne pouvais pas faire développer la pellicule ! Je me rappelle une fois où j’ai failli à LA REGLE. Je suis rentrée d’excursion, j’ai demandé à ma mère d’aller faire développer mes précieux souvenirs, et là l’horreur ! il restait 2 photos à prendre et la sentence de ma mère tomba : « quand on prendra les 2 photos qui restent, on fera développer la pellicule, on va pas gâcher quand même ! » NONNNNNNNNNNN ! Je me rappelle avoir poursuivi mon chat, l’avoir pris en photo… 2 fois  et avoir dit à ma mère : « c’est bon maman, le chat, il voulait un souvenir de lui ! du coup je l’ai pris en photo 2 fois ! » Oui je sais ce que tu te dis, j’aurais pu trouver mieux comme excuse mais bon j’étais pressée, j’ai dû improviser…

Le plus excitant, c’est quand tu vas chercher tes photos chez le photographe. D’abord, tu es tout émoustillé de pouvoir étayer par les images tout ce que tu as raconté à ta famille, et ce pendant des jours parce-qu’à l’époque il fallait être patient pour récupérer son butin. Bref, tu arrives chez le photographe, tu donnes ton ticket, il ouvre la pochette en disant « c’est bien les vôtres ? » et là, tu vois une photo avec un paysage en fonds qui te rappelle vaguement un truc que tu as vu et ton doigt en gros plan, tu réponds alors au commerçant avec un air quelque peu gêné « oui c’est ça, merci, voilà les sous, aurevoir » et tu t’enfuies. Conclusion, sur tes 30 photos, tu as 5 photos avec ton doigt en premier plan, 10 photos qui sont floues, 5 photos où tu as la tête de tes amis qui est coupé, 7 photos que tu ne comprends pas et 3 photos à peu près potables dont 2 avec ton chat.

Mais ça, c’était avant, AVANT LE NUMERIQUE, ce truc fantastique qui te permet de prendre 15 fois le même détail sous prétexte que tu peux effacer, recommencer, retoucher ; et en rentrant chez toi,  pouvoir passer des heures à bricoler, rogner, mettre des filtres, photoshoper, illuminer tes souvenirs pour les montrer, les regarder et les conserver comme des trésors !!!!! Oh que c’est beau mais c’est tellement…faux…en tous cas pour moi !

En fait, voilà MA réalité :

Prendre des photos, j’aime bien ; j’ai un Reflex qui a des fonctionnalités assez intéressantes, d’ailleurs j’essaye de lui faire honneur en évitant d’utiliser le mode « automatique ». Dans mes premiers voyages avec LE numérique, je prenais des centaines et des centaines de photos, j’en ai même pris un millier en Inde ! le truc de fou ! Mais le truc encore plus fou, c’est que :

– petit 1, tout le monde s’en fout. Quand tu rentres, tes amis te disent : « alors ce voyage ? » tu leur réponds « on peut se faire une soirée photo si tu veux ! j’en ai presque 1000 ! ». A ce moment là, tu constates que le visage de ton pote se raidit, il déglutit et te dit « ah c’est bête, j’aurais trop aimé, mais là je suis pas dispo, je vais tester la cryogénisation du coup, heu, on s’appelle dans…10 ans ! allez salut! »

– petit 2, tes photos tu ne les regardes plus du tout et quand il t’en prend l’envie parce-que tu changes ton ordi et que tu dois les transférer, tu constates que tu as perdu ton temps à photographier des tables, des bouts de plafonds, des détails de portes et ça c’est dans le meilleur des cas où tu sais à peu près à quoi ça correspond ! Je me rappelle la fois où j’ai trié mes photos de Saint Petersbourg. J’ai vécu un grand moment de solitude où je me suis dit, dans un cas sur deux, « mais c’est quoi ce truc là ? » en effectuant des rotations d’images… et dans l’autre cas où mon ex-mari apparaissait sur le cliché, et bien… je me disais la même chose… oui je sais c’est pas très sympa…mais bon c’est vrai ! Autant te dire que j’ai peu de souvenirs photographiques de Saint Petersbourg!

Et puis un jour, veille d’un départ, je me suis dit « et si je prenais moins de photos ? » et c’est que j’ai fait et que je continue de faire. D’ailleurs, plus je voyage et moins je « perds mon temps » à prendre des photos. En résumé, je prends du plaisir à profiter, à regarder attentivement avec MES YEUX ce qui m’entoure, prendre le temps de faire UN cliché et éteindre mon Reflex. J’avoue que je préfère cette philosophie surtout que quelques fois prendre UNE photo peut donner lieu à des situations quasi-acrobatiques voire carrément miraculeuses !

Lors du voyage à Bali que je t’invite à aller lire, nous avons passer avec M. Analysator la dernière journée sur une plage avec des lits à baldaquin. Je voulais qu’il me prenne………en photo biensur (tu pensais à quoi ?) en regardant la mer, sur un de ces lits ; oui, il y a des fois où j’ai des lubies, comme ça, sans prévenir… sauf qu’il y avait un nombre incalculable de parachutes ascensionnels, jets skis, bateaux, une odeur de gasoil horrible et je te passe le bruit insupportable que nous avons dû supporter pour prendre cette p***** de photo ! parce que OUI, on a réussi à prendre une photo en évitant tout ce trafic, où tu me crois sereine, seule sur le lit, dans le calme absolue, bref le cliché complètement illusoire de la plage « paradisiaque » de Bali. Et si tu as lu le récit de ce voyage, tu sais que tout ce qui était paradisiaque en Indonésie n’était pas, pour moi, sur les plages !

L’autre détail qui a le don de vraiment m’énerver dans les photos c’est quand tu vois un endroit intéressant que tu as envie de dégainer ta machine et qu’il y a un, une ou plusieurs conn**** qui arrivent tranquillement se planter juste devant ce que tu veux immortaliser ! mais le pire, c’est que tu te dis, j’attends deux minutes et ils vont partir…mais non, non, non… ça commence par un selfie, puis ils appellent le reste de la famille, se prennent en photos, en solo, en duo, en trio et une fois qu’ils ont fini leur séance interminable, ils restent là, plantés, et tu sais pas pourquoi ? ou plutôt oui tu le sais, ils veulent te faire CHIER !!!!!

Dans cette dernière catégorie, tu as une sous-catégorie, celle du gars qui a vu que tu voulais prendre ta photo, qui voit que tu attends quelque chose de lui, genre qu’il se casse !!! mais non il reste là comme s’il te faisait l’honneur de sa présence et que ta photo aura un truc en plus, grâce à lui… d’ailleurs, lors d’un séjour en Italie, en regardant mes photos (à l’époque de l’appareil jetable), sur un des clichés, il y avait un type que je n’avais pas vu lors de la prise de vue, qui s’était immiscé dans mon cadre et qui avait mis une peluche au niveau de sa braguette !!! Bon honnêtement, aujourd’hui je trouve ça très drôle mais à l’époque, tout le monde s’était moqué de moi et j’avais tellement eu honte que je n’ai pas gardé cette photo ! quelle erreur !

Depuis ce jour-là, pour rendre honneur à ce terroriste à la peluche, je m’invite régulièrement sur les photos des autres, comme ça à l’improviste ; ce qui donne lieu quelques fois à des réactions sociologiquement intéressantes mais ça, c’est une autre histoire…