Qui n’a jamais dit « quand je serais grand, je ferais un tour du monde !!!!! »

Et puis on grandit, on se dit « je passe mon bac et on verra », puis on passe son bac « non mais je prendrais une année sabbatique quand j’aurais fini mes études » puis on finit ses études, « ah oui mais là j’ai un super job qui m’attend » (stage non rémunéré !)… Et puis on attaque sa vie de labeur et le tour du monde prévu depuis qu’on a vu pour la première fois Nicolas Hulot dans « Ushuaïa, le magazine de l’extrême », houuuuu ça fait peur… et bien ce tour du monde, on le cale dans un coin de sa tête, on se trouve un tas de nouveaux prétextes, « ah mais là je peux pas, pour le tour du monde que je veux faire, ça coûte trop cher », « je peux pas dire à mon patron que je pars un an, il va me remplacer, j’ai pas de bol, déjà que je suis une femme ! », « ah non là, je le sens pas, je me suis inscrite dans un cours d’origami, si je pars maintenant je vais tout perdre… »

Mais, en fait, on le sait tous, faire un tour du monde, ce n’est ni une question de budget, ni une question de temps, c’est surtout une question d’ENVIE… Ah je t’entends d’ici : « c’est pas vrai, donne moi des sous et tu verras si je pars pas et il faut du temps aussi et patati et patata… »

Alors laisse moi t’expliquer mon point de vue.

Mettons-nous dans le contexte, j’adore voyager et je lis avec passion des récits de tourdemondistes, j’ai même établi ce qui pourrait être mon tour du monde idéal et pensé à un budget approximatif ! Seulement voilà je ne l’ai jamais fait, j’ai toujours repoussé ce projet et je n’ai compris que récemment, à 37 ans, bientôt 38 que je ne le ferais jamais.

ATTENTION ATTENTION : ceci n’est pas pas un regret ! Je n’en ai tout simplement pas ENVIE ! Tu vas te dire : « ah ben c’est sûr la gonzesse elle l’a jamais fait, du coup, elle dit qu’elle veut pas le faire… »

Quand je pense à mon tour du monde, je me dis : Waouhh, partir au moins un an, voir un nouveau paysage tous les jours, passer de continent en continent, rencontrer des gens de tous horizons….ouais, c’est super….

Mais je me dis aussi : voir la même gueule au réveil pendant un an, oui parce que je ne serais jamais partie seule, tu le sais que je ne suis pas une aventurière…, renoncer au camembert pendant UN AN, porter le même tee-shirt pendant UN AN !!!!

Et alors, si tu pars avec ton mec ou ta nana et que tu reviens en couple toujours avec lui ou elle, oui parce-que si tu reviens en couple mais pas avec la personne de départ, ça ne compte pas… donc si tu es toujours en couple avec la même personne, je te conseille vivement de l’épouser parce-que rester en huis clos, nuit et jour, pendant UN AN, c’est un sacré exploit, c’est l’épreuve du mariage, de la maison et des enfants réunis, des 3 ans, des 7 ans et des 10 ans !

Maintenant, prépare toi, je vais parler comme une vieille : ce que je trouve cool dans le voyage, c’est de rentrer… retrouver un certain confort de vie, quand je dis confort, je parle surtout des petites habitudes : voir ses amis, sa famille, marcher dans sa ville, reprendre sa routine en fait.

REVENIR POUR AVOIR A NOUVEAU L’ENVIE DE REPARTIR, c’est la voie de la sagesse qui te parle !

Et puis, mine de rien, partir un an autour du monde, c’est devoir réfléchir 365 jours sans arrêt, où je vais dormir ? les horaires du site ? parler anglais tout le temps, enfin essayer ! la météo ? je prends le train ? l’avion ? j’ai faim, c’est quoi déjà mon budget nourriture ? Autant l’admettre tout de suite, je n’y suis pas habituée… en plus j’ai peur de manquer de doliprane à force de réfléchir.

Pour toutes ces raisons, je vais continuer à voyager à ma façon, visiter pays par pays, avec l’espoir de ne jamais perdre cette envie de repartir à chaque fois !

Pour en finir avec ma pérégrination mentale, les tourdemondistes continuent de me faire rêver et m’inspirent pour mes futurs voyages. Et qui sait, peut-être qu’un jour, je changerais d’avis sur la question, mais ça c’est une autre histoire…