Ceüzette, c’est mon Everest à moi !

Point de départ : Sigoyer

Des photos ?

    Quand tu habites à Gap, tu es forcément attaché à une montagne qui s’appelle Céüze ! En général, tout gapençais qui se respecte a appris à skier sur ce caillou. Je dis ce caillou car cette montagne a la particularité d’avoir une barre rocheuse très appréciée des grimpeurs, ce qui fait qu’elle est facilement reconnaissable. Pour savoir le temps qu’il va faire sur Gap, il suffit de regarder Céüze pour être fixé ! Aujourd’hui, je vais te parler de sa petite soeur, Céüzette…

    J’ai un petit bouquin sur les balades du bassin gapençais ; il est parfait pour te donner des idées mais alors je suis sûre qu’il a été fait par un gars qui habite en Biélorussie et qui n’a vu les Hautes Alpes qu’en carte postale ! D’abord, les points de départ sont incompréhensibles et ensuite, à chaque étape expliquée, tu te demandes s’il joue à la carte aux trésors ou s’il te prend tout simplement pour un con ! Tu ne reconnais rien ! Monsieur Analysator se moquant de mes « soucis d’orientation » me dit qu’il n’y a rien à comprendre, il suffit de lire et puis c’est tout ! Donc je lui laisse le soin de nous trouver le point de départ…tout seul !

    On passe le village de Sigoyer, on trouve un parking où démarrent plusieurs randonnées que ce soit vers Céüze ou vers d’autres directions. Jusque là pas de problème… puis on prend le chemin qui semble le plus logique et ce qui devait arriver arriva… M. Analysator ne reconnait pas les étapes indiquées par notre biélorusse… donc on fait demi-tour, après quelques mètres, on refait demi-tour puisque ça n’a pas l’air d’être la bonne direction ! Bref on reprend le premier chemin qui finira par nous mener à notre but !

    Dans ce guide il est indiqué que la ballade est « facile » ! alors il est vrai que le dénivelé est faible, que la promenade n’est pas très longue ; en plus, la vue y est splendide, ce qui ne gâche rien.
    Sauf qu’il y a un détail que j’avais pas vu venir… Une fois arrivés presqu’au sommet, il y a une « courte et facile escalade », dixit notre ami cosaque ! C’est vrai, il n’a pas tort sauf qu’il aurait pu rajouter : « IL Y A UN VIDE INTERSIDERAL A COTE, DONC SI TU CRAINS LE VERTIGE, TU VAS VIVRE L’ENFER ! »… un détail…quand tu connais ma peur du vide !

    Une fois arrivés au point fatidique, morceaux choisis de nos échanges :
    -« ma chérie, je vais passer avant comme ça tu vois où sont les prises, ça te va ?
    -oui mais après tu ne t’en vas pas ! je ne veux pas rester toute seule !
    -quand même !  »

    mouais, tu parles ! Bref, M. Analysator grimpe :
    -« oh pu***n, y’a du vide quand même… toi tu vas mourir de peur !
    -merci de me rassurer, allez j’y vais
    -regarde pas en bas surtout, sinon tu ne monteras pas !
    -mais ta g***le ! déjà que j’ai peur
    -ah ben ! je te dis plus rien
    -mais si ! dis moi des trucs encourageants !
    -ah mais tu sais que je ne suis pas bon à ça ! »

    Ce qui est malheureusement, pour moi, une vérité ! Je commence à grimper, évidemment je regarde en bas… mes jambes se mettent à trembler et là impossible de bouger, ni en avant ni en arrière, l’horreur ! Ah la phobie du vide, quand tu nous tiens !
    -« allez tu peux le faire, là c’est facile parce-qu’après à la cime, je crois que c’est encore plus à-pic ! »

    Et oui, c’est qu’on n’est pas encore au sommet de Céüzette ! Et à ce moment là, coincée entre 2 prises, je me demande, si jamais je m’en sors, si je ne vais pas tuer mon chéri…
    -« mais bor**l, tu me dis ça maintenant !!!!!!!!!
    -non, je te dis ça car il faut pas trop trainer, en fait !
    -arghhhhhhh ! *********************************  »

    Excuse-moi, je ne peux pas t’écrire la suite de notre conversation, c’était trop sanglant !
    Je réussis à finir cette grimpette et j’arrive sous les hourras moqueurs de mon chéri mais je m’en fous j’arrive en véritable héros comme si j’avais gravi l’Everest !

    Effectivement, pour finir les quelques mètres qui mènent au sommet, je me rends compte que je vais craindre le vertige surtout que j’ai toujours les jambes qui tremblent. Du coup, on décide de descendre sans faire le tour du sommet. Tant pis !
    Toujours sous le coup de la peur, la descente se passe sous mes rouspétances incessantes, m’en prenant tour à tour au biélorusse, à mon chéri, aux caillasses et aux branches qui me gênent, bref, j’ai eu peur, un point c’est tout !

    Avec le recul, je me dis que je suis vraiment un boulet… mais bon, la promenade était magnifique même si je ne la referais jamais de ma vie ! NEVER !
    Voilà encore un joli coin de mes Hautes Alpes chéries, vivement le prochain mais ça c’est une autre histoire…